Une rareté des années 30
Alors que je déballe un lot de matériel fraîchement arrivé, voilà que je découvre ce petit Boyer Rubis 50mm F/2.9. Malgré mes années d’expérience ce modèle ne me dit rien. Après quelques recherches je comprends vite qu’il s’agit dune optique rare et que peu d’exemplaires ont été produits.
Certains évoquent de longues focales de 300mm et plus qui auraient été des optiques à portrait « soft focus » de type Triplet pour grand format.
Je n’ai trouvé qu’un seul témoignage d’une courte focale, un 60mm semblable au mien sans diaphragme. L’hypothèse émise est alors celle d’une optique de projecteur. Le flou demeure même si cette seconde option me paraît la plus probable, l’objectif étant dépourvu de mise au point ainsi que de diaphragme.
Tous s’accordent sur le fait que les Boyer Rubis ont été produits avant la seconde guerre mondiale et que leur production aurait été abandonnée par la suite. Si on se fie au numéro de série, il aurait été fabriqué en 1934 !


Le Triplet est confirmé !
Il est aisé d’ouvrir cet objectif puisqu’il suffit de dévisser les deux extrémités pour découvrir qu’il s’agit bien d’un Triplet. Structure optique bien connue grâce notamment au fameux Meyer Trioplan et son bokeh à bulles. Bokeh à bulles, qui bien que plus subtil qu’avec un Trioplan, se fait tout de même sentir.
L’entreprise Boyer Paris suscite autant d’interrogations qu’elle ne fascine les collectionneurs. Ceci s’explique par la rareté de leurs optiques à grande ouverture, le peu d’informations voir le mystère qui entoure la production réelle de l’entreprise avec des numéros de série auxquels on ne peut pas toujours se fier et le rendu incroyable des ces objectifs rarissimes.
Caractéristiques :
Focale : 50mm
Ouverture : F/2.9 (environ)
Fabricant : Boyer, France
Période : 1934.
Utilisation : Prise de vue photographique, projection cinématographique ?
Cercle lumineux à l’infini : Il couvre le plein format 24×36 à l’infini.
Design optique : Double Gauss, 6 éléments en 4 groupe.
Le Test
Peu de personnes ont eu la chance d’avoir cet objectif entre les mains. Voici mon test du Boyer Paris Rubis 50mm F/2.9 sur Sony A7II :





Ce Boyer Rubis 50mm F/2.9 se caractérise par son équilibre entre une excellente netteté et la douceur de son rendu. Couleurs pastels, contraste faible, typique d’une optique vintage avec des lentilles non traitées.
Sa structure Triplet à trois lentilles se ressent sur le Bokeh qui se rapproche d’un Trioplan 50mm F/2.9 mais avec un rendu moins de bokeh « nerveux ». Je n’ai pas eu l’occasion de le tester en portrait mais je ne doute pas que sa douceur sera très gratifiante sur le rendu de la peau.
Je souhaite à tout passionné d’objectifs vintage de pouvoir essayer un jour un Boyer Saphir F/2.8, F/1.9, F1.4 voir F/1.0.
© Duféal Baptiste pour Retrofocale.com